Communiqué de Presse

Qualité de l’air : 9 zones rurales françaises à la loupe

L’ADEME présente aujourd’hui les résultats du programme d’étude Particul’Air, une série  d’évaluations du niveau de particules dans l’air des zones rurales en France. Il permet de disposer de nouvelles informations sur les sources de pollution particulaire dont l’impact environnemental et sanitaire est aujourd’hui scientifiquement démontré.

 

Enseignement principal : les niveaux de particules, d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et de métaux lourds, mesurés entre 2009 et 2010 dans les zones rurales françaises, sont inférieurs aux normes européennes sur la qualité de l’air, à l’exception d’un site situé en fond de vallée alpine.

 

Ce programme inédit – réalisé en partenariat avec le CNRS, un laboratoire universitaire, et 8 associations de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) et coordonné par Atmo Poitou Charentes – renforce ainsi les connaissances pour la mise en œuvre du Plan Particules du Grenelle Environnement qui fixe un objectif de réduction de 30% des niveaux de particules dans l’air ambiant d’ici à 2015.

Une étude coordonnée sur 9 territoires pour analyser la pollution particulaire

Pour mieux appréhender et réduire les sources de particules dans les zones rurales, rarement étudiées, le programme Particul’Air a été conduit simultanément sur 9 villages ruraux dans 8 régions : Auvergne, Basse-Normandie, Bretagne, Centre, Franche-Comté, Limousin, Poitou-Charentes et Rhône-Alpes.

Il a permis de mesurer dans l’air les niveaux de particules PM10 , HAP et métaux lourds et d’étudier l’influence des différentes sources de particules sur la qualité de l’air dans les zones rurales.

 

Les sources d’émission ont pu être identifiées pour 82% de la masse des particules. L’ADEME recommande donc de mener des travaux de recherche complémentaires pour connaître les sources des 18% restants.

Ainsi pour améliorer la qualité de l’air tout en privilégiant le développement de la biomasse, l’ADEME recommande :

  • la mise en place d’équipements performants. Le remplacement des appareils vétustes est bénéfique pour la qualité de l’air et le climat, mais aussi pour le budget des ménages et des collectivités:
    • pour les logements collectifs ou l’industrie, la mise en place d’appareils de chauffage de puissance thermique élevée (et notamment supérieure à 2MW) permet d’obtenir un niveau très faible d’émissions de particules,
    • pour les logements individuels, il s’agit d’utiliser des appareils de chauffage au bois hautement performants, peu émetteurs de particules, comme les nouveaux inserts fermés, poêles et chaudières par exemple. Le label Flamme Verte 5 étoiles est un bon indicateur pour choisir son appareil. Ce dernier doit néanmoins être entretenu régulièrement pour offrir un niveau de rendement constant et seul du bois propre et sec doit être utilisé. L’usage optimal d’un appareil est simple, et s’apprend. Les Espaces INFO-Energie ou le site de l’ADEME distribuent de la documentation qui permet de consommer en bois le juste nécessaire et de maintenir une combustion propre.
  • une meilleure gestion des déchets. Etant donné que le brûlage des déchets à l’air libre est interdit , l’ADEME précise que des solutions alternatives existent, notamment les actions individuelles (paillage et compostage) ou collectives (collecte sélective au porte-à-porte ou en apport volontaire et valorisation collective par compostage ou méthanisation).

 

Le cas particulier d’une zone en fond de vallée

Les mesures réalisées sur le site de Lescheraines en Rhône-Alpes ont mis en évidence un niveau élevé de particules et de HAP dans l’air. Il s’explique par l’accumulation dans l’air des polluants émis localement, sous l’effet du phénomène d’inversion de température caractéristique de ces zones dites de “fond de vallée”.

Les résultats du programme Particul’air confirment les observations issues d’autres projets de recherches, et vont plus loin puisqu’ils identifient la combustion de biomasse (chauffage au bois et brûlage à l’air libre de déchets verts) comme source principale de cette pollution en fond de vallée.

Dans ce type de zone, l’ADEME recommande que les plans d’actions locaux d’amélioration de la qualité de l’air portent en priorité sur ces secteurs d’émissions.

Le rapport de l’étude Particul’Air est téléchargeable sur le site de l’ADEME Buldair (PDF – 5,7 Mo)

Où trouver des informations sur la qualité de l’air ?