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Pointe électrique, effacement diffus, de quoi s’agit-il ?

Tandis que Delphine BATHO, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, propose un mécanisme de capacité pour répondre au défi de la pointe électrique, l’ADEME revient ici sur l’effacement diffus ou « effacement résidentiel ».

Comme le rappelle le communiqué du Ministère de l’Ecologie, en France la pointe électrique – ou pic de consommation – augmente environ de 3 % chaque année et a enregistré une hausse de 28 % en dix ans. Il est donc nécessaire d’agir rapidement pour lutter contre ces pics qui coûtent cher et ont un impact environnemental, notamment en terme d’émissions de gaz à effet de serre.

L’effacement diffus ou « effacement résidentiel » consiste à réduire temporairement la consommation d’électricité d’un grand nombre de petits sites, en particulier de logements, de façon à diminuer la demande. Il s’agit par exemple d’interrompre brièvement, mais de façon synchronisée, l’alimentation de radiateurs ou climatiseurs situés dans des logements pour, au total, réduire la consommation d’électricité d’une région ou du pays.

Cette solution se matérialise par la mise en place d’un boîtier qui s’installe sur le tableau électrique et qui permet de mesurer et commander certains usages en temps réel (par exemple, chauffe-eau et radiateurs). Un système d’information complète le tout en recueillant les données et générant les ordres de modulation. Le pilotage est opéré à distance par un opérateur et ne requiert aucune action directe des utilisateurs qui souscrivent à ce service. Habituellement, les clients peuvent choisir de débrayer le système, selon le contrat signé avec l’opérateur.

Les bénéfices de l’effacement diffus :

  • la diminution du recours à la production d’électricité par centrales thermiques,
  • une meilleure insertion des énergies renouvelables sur le réseau.

Les premiers résultats d’une étude en cours (menée par le CSTB et l’ADEME en collaboration avec la société Voltalis) montrent que l’effacement diffus pourrait également permettre aux consommateurs de réaliser des économies d’électricité. Ainsi, des coupures de l’alimentation du chauffage et de l’eau chaude électrique pendant 15 à 20 minutes par heure permettraient de réaliser les jours où elles sont pratiquées, une économie moyenne de l’ordre de 7 à 8% de la consommation totale journalière d’électricité. A titre de comparaison, cela équivaut à l’économie d’énergie obtenue en baissant d’1°C la température dans le logement.

Des études doivent encore être menées pour mesurer l’impact des campagnes d’effacement sur le confort des consommateurs d’électricité, en particulier sur l’évolution de la température du logement, pour déterminer l’origine de ces économies et évaluer leur valeur sur une année entière.