Bruno Lechevin : « Donner plus de lisibilité à l'action de l'ADEME »

Photo BLQuelques semaines après sa nomination à la tête de l’ADEME, Bruno Lechevin a pu prendre toute la mesure de la diversité des actions de l’Agence, de son expertise et de la richesse des sujets sur lesquels les équipes, professionnelles et passionnées, interviennent.

Dans le contexte actuel, la tâche de l’ADEME et de son président est grande car les attentes vis-à-vis de l’agence sont fortes. Mais les fondamentaux de l’ADEME – tant au niveau national que territorial – lui ont permis jusqu’alors et depuis 20 ans, d’évoluer et de s’adapter, avec pour objectif essentiel : accompagner la société française dans sa transition énergétique et écologique et répondre au mieux aux besoins de ses publics dans le respect de l’intérêt général.

« Aujourd’hui, mon ambition est de donner plus de lisibilité et de visibilité à l’action de l’ADEME, de mieux mettre en lumière le sens de notre action et de le faire partager. Nous contribuerons ainsi à la réussite de la transition énergétique et écologique » souligne Bruno Lechevin, Président de l’ADEME.

En effet, engager la société sur le chemin de cette transition nécessite de comprendre collectivement les enjeux et partager les solutions possibles afin que d’ici 2050, nous ayons divisé par quatre nos émissions de gaz à effet de serre (facteur 4).

Cela signifie : convaincre nos concitoyens, nos entreprises et nos collectivités que l’on peut allier protection de l’environnement, compétitivité, emploi et amélioration du cadre de vie.

L’ADEME s’implique pleinement dans le Débat national sur la transition énergétique : dans les groupes de travail nationaux, dans les comités d’expert comme dans les déclinaisons régionales du débat.

Préparer dès aujourd’hui les grandes évolutions à venir

En 2012, l’ADEME a élaboré des scénarios énergétiques et climatiques, certes volontaristes mais réalistes avec pour échéances les années 2030 et 2050. Ni conservatrice, ni extrême, cette prospective démontre qu’il y a des chemins possibles pour atteindre le facteur 4, en phase avec la réalité économique et le besoin d’amélioration de notre qualité de vie.

Mais c’est aujourd’hui qu’il faut engager des actions car les changements de comportement sont souvent lents et en matière d’investissement, les processus de décision toujours longs. C’est tout l’objet du Programme des Investissements d’Avenir par lequel l’ADEME soutient en matière d’innovation des projets associant des grosses entreprises ainsi que des PME ; plus de 110 projets sont d’ores et déjà engagés et près de 60 à venir.

Appuyer le développement d’initiatives territoriales

Le bâtiment : 500 000 rénovations par an est un objectif ambitieux mais indispensable car le secteur du bâtiment est le plus gros consommateur d’énergie avec 43% de l’énergie finale totale consommée du pays.

Si l’ADEME contribue déjà à l’amélioration énergétique du parc immobilier en informant les particuliers par le biais du réseau des Espaces INFO ⇒ ENERGIE (261 espaces répartis partout en France, 453 conseillers, plus de 120 000 conseils gratuits et personnalisés pour la seule année 2012), elle est convaincue qu’il est aujourd’hui nécessaire d’aller plus loin encore : la création d’un « guichet unique » ou « plateforme locale de rénovation » qui s’appuierait sur ce réseau existant mais accompagnerait les projets depuis l’amont (diagnostic) jusqu’à l’aval (vérification de la performance obtenue) s’inscrit pleinement dans cette perspective.

La mobilité : autre chantier prioritaire – nos déplacements consommant en France plus de 31% de l’énergie finale – le secteur des transports, principal émetteur de gaz à effet de serre et de polluants divers, doit bénéficier de soutiens à l’innovation, ce que l’ADEME poursuivra dans les années à venir.

Mais l’action doit tout autant porter sur le développement de services de mobilité partagée – où l’utilisateur n’est plus le propriétaire du véhicule – et complémentaires. Ces évolutions permettront l’implantation durable de flottes de véhicules électriques en ville et des infrastructures nécessaires.

Les déchets : sujet central de la prochaine conférence environnementale, la politique « déchets » va connaître un nouveau souffle après avoir atteint une grande partie des premiers objectifs fixés.

L’ADEME fait des propositions aux pouvoirs publics pour prévenir la production de déchets mais aussi mieux les valoriser, en renforçant la valorisation énergétique ou en développant la méthanisation par exemple. Il s’agit d’inscrire notre industrie du recyclage dans une optique d’économie circulaire, c'est-à-dire permettant de puiser toujours moins dans nos ressources en matière première mais apte à fournir à nos entreprises de transformation les matières dont elles ont besoin. Elles seront ainsi moins dépendantes des importations et de la volatilité des prix.