Précarité énergétique : une action préventive massive est indispensable

Sont considérés en situation de précarité énergétique, les ménages qui consacrent plus de 10 % de leurs revenus aux dépenses d’énergie dans le logement : ils sont aujourd’hui 3,8 millions, soit 14 % des ménages au niveau national.

3,5 millions de ménages déclarent souffrir du froid dans leur logement selon une étude INSEE Première de mai 2011. Une autre étude, de l’ADEME cette fois, montre que les 5 millions de ménages les plus modestes consacrent 15 % de leurs revenus aux dépenses énergétiques (logement et transport), contre seulement 6 % pour les plus aisés.

Autres chiffres :

  • 87% des ménages en situation de précarité énergétique sont dans le parc privé ;
  • 70% d’entre eux appartiennent au premier quartile de niveau de vie, soit les 25 % des ménages les plus modestes ;
  • 62% sont propriétaires-occupants ;
  • 55% ont plus de 60 ans ;
  • 65% vivent en ville, 35% en communes rurales ;
  • plus d’un million des propriétaires résident en maisons individuelles.

Lechevin Amiens 0513La précarité énergétique est à mettre en relation avec la mauvaise qualité thermique du parc de logement français, a rappelé Bruno Lechevin, Président de l’ADEME ce matin lors de son intervention à Amiens dans le cadre du Débat national sur la transition énergétique. Les 3/4 du parc se situent dans les classes D, E, F ou G soit des consommations de plus de 150 kWh par m2 et par an.

Selon Bruno Lechevin, le débat sur la transition énergétique et le plan de rénovation gouvernemental constituent une double opportunité : celle d’être collectivement encore plus créatifs pour imaginer des solutions nouvelles, poussés par la crise et l’augmentation des prix des énergies, celle de travailler ensemble pour permettre un véritablement changement d’échelle.

L’un des objectifs de ce plan est de rénover 50 000 logements précaires par an à l’horizon 2017. Plus largement, son ambition est de s’attaquer à 500 000 rénovations chaque année. Cet objectif ne pourra être réalisée que dans une logique beaucoup plus coopérative permettant de démultiplier les résultats en mixant les diverses compétences, souligne le président de l’ADEME. L’accompagnement pas à pas est essentiel et pourrait être structuré au sein de guichets uniques (ou de plates-formes locales de la rénovation), qui associeraient l’ensemble des acteurs oeuvrant pour la rénovation énergétique (EIE, ADEME, ANAH, ADIL, collectivités, artisans et entreprises du bâtiment, services bancaires, maisons de l’emploi, plates-formes de formation,…) afin de présenter une offre globale de rénovation de A à Z.

Bruno Lechevin conclut en rappelant qu’au-delà du traitement curatif et indispensable de l’urgence, une action préventive massive est indispensable et devra s’inscrire dans la durée pour éliminer progressivement les passoires thermiques, rénover massivement les logements des ménages précaires après les avoir priorisés, pour que leurs factures diminuent et leur apporter du bien-être, pour qu’ils participent enfin eux aussi à la maîtrise des consommations et s’inscrivent dans une transition énergétique positive.