La forêt et le défi énergétique

Forêt de feuillusLes perspectives énergétiques étudiées par l’ADEME à travers ses scénarios (Visions énergétiques 2030 – 2050) cherchent à tirer, de manière ambitieuse mais réaliste, le potentiel maximum des économies d’énergie et des énergies renouvelables jusqu’en 2030.

Concernant la biomasse (le bois et ses déchets ou encore les résidus agricoles), ces visions partent de l’hypothèse d’un plan de mobilisation de la ressource forestière permettant de passer d’un taux de prélèvement sur l’accroissement naturel de la forêt de 48 % aujourd’hui à un taux de 75 % en 2030. D’autre part, les objectifs du Plan National d’Action en faveur des énergies renouvelables visent une augmentation de 7,7 Mtep entre 2005 et 2020 de la part de la biomasse solide dans la production d’énergie finale.

Ainsi, pour le bois, cela implique une mobilisation supplémentaire et donc une très forte augmentation du bois commercialisé et rejoint l’objectif d’un taux de prélèvement de 75% alors qu’il n’excède pas les 50% à ce jour. Aussi l’ADEME travaille à une meilleure connaissance des ressources, gisements et marchés ainsi qu’à la mise en place d’actions concourant à la mobilisation additionnelle de biomasse tout en intégrant les enjeux environnementaux (sol, biodiversité,…) dans la gestion forestière et la prise en compte du changement climatique. L’Agence a ainsi analysé la situation française de la gestion de la biomasse forestière. Elle s’est de plus penchée sur les dispositifs mis en place dans un panel de 15 pays comme l’Allemagne, l’Autriche, le Canada, le Chili, la Chine, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, l’Italie, la Norvège, la Pologne, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. Cette analyse a conduit à  l’élaboration de recommandations sur des dispositifs potentiellement applicables en France.
Le défi consistant à récolter davantage de bois dans des zones qui aujourd’hui sont peu ou pas exploitées en raison de contraintes techniques, économiques, ou par manque d’intérêt des propriétaires pour la gestion de leur patrimoine forestier, l’ADEME et le Ministère en charge de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt (MAAF) ont donc lancé en Auvergne en 2011, un projet d’expérimentation de mobilisation de la ressource forestière coordonné par le FCBA. L’objectif est de réunir, sur un territoire donné, les conditions d’une mobilisation efficace de la ressource en bois, pour couvrir l’ensemble des usages (sciage, pâte à papier, panneaux, énergie), dans le respect des exigences d’une gestion forestière durable.
La mobilisation supplémentaire de biomasse devra se faire dans de bonnes conditions environnementales. C’est pourquoi l’ADEME et le Ministère (MAAF) ont souhaité analyser, avec le groupement d’intérêt public ECOFOR et les partenaires de la filière, les connaissances disponibles au niveau international – avec un focus sur les zones tempérées – sur les conséquences potentielles du prélèvement des rémanents forestiers dans le domaine de la fertilité et de la biodiversité et d’identifier des pistes de recommandations pour une récolte raisonnée.

Enfin, l’ADEME, l’IGN et FCBA ont entrepris d’actualiser les résultats de leur étude de disponibilité en bois d’origine forestière en France métropolitaine aux horizons 2020 et 2030 dont les nouvelles conclusions sont attendues pour la fin de l’année 2014.