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Energie des mers : l’Etat s’implique dans deux nouveaux projets

Label IA_100mmLa Convention Internationale des Energies Marines Renouvelables (Thetis – EMR) qui se tient du 9 au 10 avril à Cherbourg, est l’occasion pour l’ADEME de faire connaître deux innovations retenues dans le cadre du Programme Investissements d’Avenir (PIA) et concernant en particulier la filière hydrolienne en mer. Cette filière permet de produire de l’électricité à partir de l’énergie des courants marins pour l’injecter sur les réseaux continentaux ou insulaires.

La France est dotée d’une importante surface maritime, ressource énergétique dont le potentiel est l’un des plus importants au monde. A cela s’ajoute une solide base industrielle, technique et scientifique en matière d’ingénierie offshore, de production d’électricité et de génie maritime.

Ainsi les énergies marines renouvelables constituent sur le long terme une filière stratégique particulièrement importante pour le pays.

Un premier appel à projets (AMI) portant sur les énergies marines renouvelables avait permis de financer cinq projets en 2011. C’est dans le cadre d’un deuxième AMI « Energies Marines Renouvelables – Briques et Démonstrateurs », lancé en 2013 et clos le 31 octobre que l’Etat annonce aujourd’hui soutenir et financer, à hauteur de 11,2 millions d’Euros sur un montant total de 32 millionsdeux premiers projets sélectionnés .

Prismer

Visuel PRISMERL’acheminement jusqu’à terre de l’électricité produite en mer représente un fort enjeu technique et une part importante de l’investissement pour une ferme hydrolienne. Elle nécessite le développement de systèmes d’interconnexion et de transformation électriques sous-marins tout en veillant à limiter les coûts d’installation et de maintenance.

Porté par ALSTOM, le projet Prismer propose une architecture électrique spécifique et à coût limité pour les fermes hydroliennes par l’utilisation d’un nœud d’interconnexion entre le transformateur sous-marin et plusieurs hydroliennes.

Le système électrique sous-marin étudié, construit et testé dans le cadre de ce projet comprend :

  • le développement d’un « subsea hub » ayant pour fonction de collecter, de monter en tension et d’exporter l’électricité produite par les hydroliennes via un seul câble d’export relié à terre. Ce « subsea hub » est constitué d’une fondation posée sur le fond marin sur laquelle viendra se fixer une nacelle flottante et détachable comportant les équipements électriques ;
  • le développement de connecteurs électriques et optiques sous-marins (type « wet-mate ») de moyenne tension permettant de connecter les câbles issus des hydroliennes ;
  • la conception de câbles électriques sous-marins adaptés aux zones à fort courant.

Le projet est piloté par ALSTOM, en partenariat avec TE DEUTSCH, SILEC Câbles, l’Université Joseph Fourier (laboratoires G2Elab et GIPSA lab), SECTOR, GDF SUEZ Futures Energies et JIFMAR Offshore Services.

Pile & Tide

La préparation des fonds marins pour la pose d’hydroliennes est un point clé pour leur déploiement industriel. Les méthodes actuelles sont coûteuses, grevant ainsi le prix de revient de cette énergie.

Le projet Pile & Tide – coordonné par GEOCEAN – souhaite développer une solution technico-économique fiable pour la préparation des fonds marins et la fixation des fondations sous-marines. L’objectif du projet est de démontrer la faisabilité et l’opérabilité d’un outil de forage adapté aux conditions météo-océaniques complexes pour un coût d’opération bien inférieur à ceux pratiqués actuellement.

Le prototype envisagé s’appuie sur la pelle ABYSS, conçue par GEOCEAN pour les travaux sous-marins, reliée à un navire de surface et utilisant la réalité augmentée pour l’ergonomie et l’efficacité de l’opérateur. Son adaptation aux conditions de courant et aux fonds marins environnants est à ce jour la principale barrière technico-économique à lever pour permettre le déploiement des futures fermes hydroliennes dont les fondations non gravitaires nécessitent d’être fixées au sol.

Le projet est piloté par GEOCEAN, qui s’est associée à MOJO MARITIME France. Deux laboratoires, de l’Université de Caen Basse-Normandie, et de l’Université Joseph Fourier Grenoble apportent leurs expertises respectives. Des développeurs de technologies hydroliennes participeront également au projet.