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L’autopartage, un mode de déplacement à encourager

Aujourd’hui, une voiture particulière reste inutilisée 95% du temps et n’est souvent occupée que par une seule personne.

L’autopartage est la mise en commun d’un véhicule ou d’une flotte de véhicules au profit d’utilisateurs abonnés ou habilités. Ce système permet ainsi d’utiliser ponctuellement une voiture sans supporter l’ensemble des charges et contraintes liées à sa possession.

Visuel MobizenAux côtés de l’autopartage entre particuliers, des services commerciaux ou publics connaissent un développement croissant : ils concernent l’autopartage « en boucle » – le véhicule est remis à son point de retrait – ou en « trace directe » – sans retour obligatoire du véhicule à la station d’emprunt.

Visuel Autolib'

Une étude, réalisée par le cabinet 6t et co-financée par l’ADEME, a cherché à mieux comprendre ce phénomène en interrogeant les usagers d’Autolib’ (autopartage en trace directe géré par un syndicat mixte) et ceux de Mobizen (autopartage en boucle géré par l’entreprise Communauto) sur leurs pratiques et motivations pour ce nouveau type de service.

Autopartage, les principaux enseignements

  • Autolib’ est un service apprécié pour sa facilité et souplesse d’usage, grâce notamment aux places de stationnement réservées et à l’absence de retour obligatoire du véhicule à la station d’origine. Les usagers d’Autolib’ se tournent ainsi vers ce service en substitution d’une voiture individuelle mais aussi d’autres modes de transport et notamment les transports en commun. Les fréquences d’usages sont élevées (57% des autolibeurs indiquent l’utiliser plus de 2 fois par semaine) et un bon nombre d’usagers l’utilise pour se rendre au travail, même si le pic d’utilisation est le weekend comme pour MobizenLes autolibeurs ont ainsi une préférence marquée pour la voiture comme mode de transport, ce qui n’est pas le cas des utilisateurs de Mobizen qui renforcent leur utilisation des modes alternatifs à la voiture.
  • On note une réduction du nombre de véhicules en circulation et du nombre de kilomètres parcourus : un véhicule Mobizen remplace 7 voitures particulières et un véhicule Autolib’, 3 voitures particulières. Dans le cas d’Autolib’, la densité de l’offre de voitures permet d’atteindre un plus grand nombre d’usagers avec un effet global plus important (Autolib’ permet d’éviter 1 849 000 km parcourus en voiture – particulière ou partagée – par mois contre 308 000 km évités par Mobizen).

Par ailleurs, parce que ce service utilise des véhicules électriques, Autolib’ apporte d’autres avantages en termes environnementaux. La circulation des véhicules électriques est silencieuse et ne rejette pas de gaz d’échappement, ni de polluants atmosphériques.

Les services d’autopartage sont une solution de mobilité à encourager. Les deux types d’autopartage, en boucle ou en trace directe, sont complémentaires. Un renforcement de cette complémentarité, y compris avec les autres modes de transports (collectifs, vélo …), est à rechercher pour accroître les changements de comportement vers des modes de déplacement à moindre impact énergétique et environnemental. Cela pourrait passer par des mesures sur la tarification ou encore le partage d’infrastructure entre l’autopartage en boucle et en trace directe …. Par ailleurs, les systèmes d’autopartage sont particulièrement adaptés à l’utilisation des véhicules électriques en milieu urbain car ils permettent d’optimiser leur utilisation (trajets fréquents, de courte à moyenne distance) et ainsi, d’améliorer le bilan environnemental global du véhicule électrique.

En milieu urbain et périurbains, les services d’autopartage pourraient représenter 10 % des flux de circulation en 2030 et 30 % des flux de voyageurs en 2050 selon le développement avancé par les scénarios énergétiques de l’ADEME à ces horizons. La voiture n’est alors plus seulement un bien acheté par le particulier, mais aussi un mode de transport intégré dans une offre élargie et diversifiée.