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Qualité de l’air et transports : des solutions existent

bajstock.comEn octobre 2013, l’Organisation mondiale de la santé a classé la pollution de l’air extérieur comme cancérigène certain pour l’homme en pointant tout particulièrement les effluents d’échappement des moteurs Diesel mais aussi les émissions des moteurs essence.

En France, un rapport de l’IIASA (2005) estime que l’exposition aux particules fines (PM2,5) réduit l’espérance de vie de 8,2 mois et est à l’origine de 42 000 morts prématurées chaque année. Les dernières données scientifiques renforcent encore le lien entre la pollution de l’air extérieur et des pathologies respiratoires et cardiovasculaires et mettent en évidence des effets sur la reproduction, le développement foetal ou neurologique. D’autres polluants de l’air extérieur, comme le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone (O3) s’avèrent également toxiques pour l’homme (atteintes notamment respiratoires) et ont des effets néfastes sur les écosystèmes. Le NO2, en plus de conduire à la formation d’ozone et de particules secondaires, est irritant pour les voies respiratoires.

La pollution de l’air a également un impact économique : les coûts de santé de la pollution atmosphérique pris dans leur ensemble représentent chaque année entre 20 et 30 milliards d’euros en France, dont 0,8 à 1,7 milliard d’euros supportés directement par le système de soin selon le CGDD (2012).

Le trafic routier constitue l’un des principaux émetteurs de particules et de NOx, en particulier dans les zones urbainesDepuis les années 1990, les normes Euro ont permis de réduire drastiquement les émissions polluantes à l’échappement des véhicules neufs, à l’exception des émissions de NOx des véhicules Diesel, qui sont à l’origine des concentrations de NO2 et participent à la formation de particules secondaires et d’ozone. De nouvelles réductions d’émissions à l’échappement seront de plus en plus difficiles à atteindre pour les véhicules particuliers, au-delà de la norme Euro 6. De plus, chaque nouveau dispositif de dépollution est susceptible de générer d’autres types d’émissions de polluants primaires ou secondaires. Or l‘exposition des populations aux particules secondaires liées aux véhicules Diesel et essence est encore mal quantifiée, mais ces particules, parce qu’elles sont ultrafines, sont soupçonnées de produire des impacts sanitaires graves.

Ainsi, afin de réduire l’impact sur la qualité de l’air des transports routiers dans les zones urbanisées les plus polluées, il est nécessaire d’agir prioritairement sur les véhicules les plus émetteurs de particules et de NOx, en particulier les véhicules Diesel non équipé de filtres à particules fermés qui représentent encore environ les deux tiers du parc: véhicules particuliers et véhicules de livraison ainsi que flottes captives (taxis, bus…) circulant dans les agglomérations. Ces modes de transport doivent être substitués par d’autres modes de transports moins polluants ou par des véhicules plus respectueux de l’environnement.

En Europe, les Low Emission Zones (Zones à faibles émissions) ont démontré leur efficacité comme mesure pérenne pour réduire les niveaux de pollution par les particules et le NO2. Elles consistent à interdire la circulation des véhicules les plus polluants dans les agglomérations confrontées à des dépassements des seuils réglementaires.

D’autres mesures comme les limitations de vitesse peuvent elles aussi avoir des impacts sur la qualité de l’air.

L’ADEME vous propose ici une sélection d’informations récentes permettant une approche complète de cet enjeu de santé public mais aussi des solutions efficaces envisageables.