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Les monnaies complémentaires : un outil de la transition écologique et énergétique

Les monnaies locales et complémentaires sont aujourd’hui en plein développement. Certaines s’inscrivent dans les objectifs de la transition énergétique et écologique.

L’étude de l’ADEME (réalisée par le bureau d’études VertigoLab) sur « Les monnaies locales complémentaires environnementales : état des lieux, impacts environnementaux et efficacité économique » permet d’avoir une première base de connaissances sur ces monnaies.

Cette étude met en évidence trois grandes catégories de monnaies locales et complémentaires :

  • Les monnaies « vertes » qui flèchent la consommation vers les acteurs économiques plus respectueux de l’environnement et vers l’économie locale,
  • Les monnaies « de récompense » qui encouragent l’adoption de comportements plus écologiques en récompense d’éco-gestes,
  • Les monnaies « collaboratives » qui favorisent l’échange de services, le réemploi et la seconde vie des produits.

Au regard des études de cas menées en France, les impacts environnementaux des monnaies locales complémentaires environnementales restent difficiles à mesurer et sont à l’heure actuelle, quand il est possible de les quantifier, de faible ampleur.

Cependant, ces monnaies peuvent être considérées comme un outil au service de la transition énergétique et écologique, à condition de dépasser le stade de l’expérimentation.

Le double intérêt des monnaies complémentaires environnementales

Les monnaies complémentaires peuvent être un levier pour :

  • orienter les pratiques de consommation vers des biens et des services durables ;
  • apporter des financements complémentaires pour des projets de transition écologique et énergétique (via le fonds de réserve1 associé à la monnaie) ;

si plusieurs conditions sont réunies :

  • un changement d’échelle au-delà du cercle des convaincus, en favorisant des boucles d’échanges élargies (intégration des fournisseurs des prestataires, possibilité de paiement de services publics) ;
  • un modèle économique viable, qui englobe une pluralité d’acteurs pour éviter la dépendance aux subventions publiques ;
  • le verdissement des dispositifs existants, par des démarches de progrès environnemental ;
  • le couplage avec des démarches ou des politiques environnementales existantes (territoires zéro déchets, zéro gaspillage ; familles à énergie positive, …) ;
  • la mise en place de méthodologies de suivi et d’évaluation des impacts.

1 Le fonds de réserve est composé des euros qui ont été convertis en monnaie complémentaire.